Non Deliverable Forward

Le change à terme pour les nul(les) ! Pas de quoi se vexer, les nulles dont il s'agit ici sont les devises pour lesquelles l'accès à un marché de change à terme est (très) restreint voir interdit aux non résidents. Comment faire alors pour couvrir le risque de change sur ces devises ?

Quand utiliser un NDF ?

On cite souvent comme exemple les devises asiatiques mais le NDF se traite également sur le continent sud américain. Plus généralement, les NDF sont souvent utilisés pour les devises des pays émergents pour lesquelles il n'existe pas de marché de change à terme.

Sur le principe, un NDF est équivalent à un contrat de change à terme excepté qu'à l'échéance il n'y aura aucune livraison de la devise locale. Il est donc à l'origine destiné à couvrir le risque de change sur la devise ne pouvant être négociée sur le marché du change à terme classique.

Le NDF étant un instrument de garantie de cours de change, la mise en place d'un contrat de ce type ne dispense pas de procéder à l'achat ou la vente la devise locale car le contrat NDF ne donne lieu à aucune livraison de devise.

Généralement, la devise convertible est l'US Dollar mais il est possible de traiter contre Euro, Franc Suisse, Livre Sterling, etc.

Un contrat NDF porte sur un montant fixe dans la monnaie locale. Les contreparties se mettent d'accord sur une date d'échéance, sur un cours de change à terme ainsi que sur la façon dont sera déterminé le cours de référence (à l'échéance).

A l'échéance du contrat, on compare le prix du contrat avec le cours de référence. La différence est réglée, dans la devise convertible, par le vendeur ou l'acheteur selon le signe de cette différence et le sens de la transaction.

Exemple d'utilisation d'un NDF

Une entreprise exportatrice doit recevoir dans 3 mois 15 millions de pesos argentin.

Elle se met d'accord avec sa banque et conclu un NDF contre EUR au cours de 9,10 (1 EUR = 9,10 ARS). La mise en place de ce contrat est destiné à garantir à l'exportateur qu'il va recevoir dans 3 mois 15 000 000 / 9,10 = 1 648 351,65 EUR contre la vente de ses Pesos Argentins.

3 mois plus tard, 2 cas de figure sont possibles :

L'Euro s'est apprécié contre le Peso Argentin

  • le cours EUR/ARS vaut désormais 9,30,
  • sur le marché comptant, l'exportateur va recevoir 15 000 000 / 9,30 = 1 612 903,23 EUR,
  • il touche donc moins d'EUR que prévu,
  • compte tenu des conditions du NDF la banque va verser à l'exportateur la différence à savoir 35 448,42 EUR.

L'Euro s'est déprécié contre le Peso Argentin

  • le cours EUR/ARS vaut désormais 8,90,
  • sur le marché comptant, l'exportateur va recevoir 15 000 000 / 8,90 = 1 685 393,26 EUR,
  • il touche donc plus d'EUR que prévu,
  • compte tenu des conditions du NDF l'exportateur va verser à la banque la différence à savoir 37 041,61 EUR.

Finalement, on voit donc que quel que soit le cours de l'ARS à l'échéance du NDF, notre exportateur va disposer d'une somme en EUR conforme au prix fixé lors de la conclusion du NDF. Cela revient à dire qu'il a converti l'ARS au cours convenu lors de la conclusion du NDF, sans perte ni profit de change.

C'est bien le but de l'exportateur qui a besoin de garantir son cours à terme afin d'être assuré de recevoir la contrevaleur en EUR conforme à ce cours. Le principe est bien évidemment identique (quoi qu'inversé) pour un importateur.